Chapitre 9 – Le mordant

a. L’apprentissage du mordant

Pour apprendre à lancer votre chien à l’attaque, vous aurez besoin d’un bon club ou d’un professionnel compétent.

Attention, la terre regorge de « dresseurs Kronenbourg », qui savent parfaitement, au bar, dresser les chiens les plus durs…

Un technicien du mordant, aussi bon soit-il, a besoin de votre collaboration éclairée. La méthode courante réclame que vous attachiez votre chien à quelque chose de solide, un piquet, et que vous vous placiez derrière lui pour le soutenir et l’encourager. L’homme d’attaque, faisant mine d’hésiter et de se méfier, s’approchera en provoquant le chien. Quand votre élève montrera le moindre signe d’hostilité, (retroussements de babines, aboiements, etc.), l’homme reculera en simulant la peur. Vous encouragerez votre chien, vous le féliciterez aussitôt. Ce scénario, répété plusieurs fois, enseigne au chien à braquer l’homme d’attaque de plus en plus loin.

Au stade suivant, l’homme d’attaque se munit d’un chiffon et se dirige, menaçant, vers le chien. Il secoue le chiffon devant l’animal. Tôt ou tard, en fonction de sa qualité personnelle, votre élève se saisit de la toile. L’homme d’attaque résiste un peu, puis abandonne le chiffon en s’enfuyant. Il laisse ainsi le chien savourer sa victoire. A chaque fois que votre chien aboie, ou mord, même un peu, félicitez-le chaudement et encouragez-le sans vous énerver à poursuivre son action.

N’élevez pas la voix, pour ne pas déconcentrer votre élève ou lui faire peur.

Maintenant, l’homme d’attaque va se servir d’un boudin. Tout en mimant la crainte et la méfiance, il s’approche du chien en faisant tourner le boudin jusqu’à frôler le côté de la tête du chien. Dès que l’animal mord la toile, l’homme d’attaque lâche tout et s’enfuit. Votre rôle consiste à féliciter le chien à voix basse à chacune de ces fuites. Dès que le chien tient bien sa prise, apprenez-lui à la lâcher sur votre ordre. D’une main, vous attrapez le haut du boudin, de l’autre vous donnez une saccade en donnant l’ordre « Halte ! » Le chien doit lâcher aussitôt, sinon, il faut l’obliger.

Au stade suivant, le chien sait tenir sa prise. Il faut alors lui apprendre à aller la chercher. Il s’agit du travail d’attaque à proprement parler. Suivez à la lettre les instructions de votre moniteur. Certains entraîneurs préfèrent travailler à l’élastique, d’autres confient la laisse au maître. Tout est fait pour exciter l’animal, toujours un peu freiné, grâce à la laisse que vous tenez de plus en plus longue, même quand le chien a percuté. Il faut comprendre qu’ici c’est le chien, et pas l’homme d’attaque, qui doit aller chercher la prise. Progressivement, la percussion se fait de plus loin, sur le petit boudin, puis le gros, puis le manchon, puis la manche, et enfin éventuellement sur le costume.

Pour la cessation à distance, utilisez une longe d’une dizaine de mètres afin de pouvoir appuyer vos ordres par quelques saccades en cas de désobéissance.

Quand on en arrive au travail sur le costume, le chien sait mordre et tenir sa prise. Il a surtout vaincu une grande partie de sa crainte de l’homme. Il se sait soutenu par son maître, ce qui lui permet de se lancer à l’attaque sans trop se poser de questions, sans crainte d’être réprimandé.

Il peut alors aborder le travail pratique.

b. L’interception du malfaiteur

Il se peut qu’un jour vous vous trouviez face à un malfaiteur. Dans la mesure où vous voulez intercepter l’individu, deux cas vont se poser à vous :

-ni vous ni autrui n’êtes agressé, vous n’êtes pas en état de légitime défense; vous n’avez pas le droit de lancer le chien,

-vous ou autrui êtes agressé, vous devez employer une riposte proportionnée à l’agression : vous serez peut-être amené à lancer votre chien, muselé ou non, à l’attaque.

Mais l’attaque est une technique active : toléreriez-vous d’envoyer votre chien sur un malfaiteur armé – qui n’hésitera pas à se défendre – alors que vous restez à l’arrière, inactif ? Non, et vous aurez raison !

En cas de coup dur, faites corps avec votre chien. Vous devez vous aussi prendre à partie le malfaiteur, en tenant compte de la nécessité de préserver avant tout votre propre vie.

Dans tous les cas, le chien pose un problème au malfaiteur. Exploitez la situation au mieux.

c. La garde du malfaiteur

Pour apprendre à votre chien à garder le malfaiteur, il faut

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